Chirac s’accroche aux atomes (crochus) La Campagne de France
Mar 09

En 2006, il semblerait que nos sociétés aient finalement pris conscience que notre planète était en danger… En 2007,  on commence à chercher des solutions… Que peut-on faire ? Et surtout quel impact cela va-t-il avoir sur notre vie quotidienne ? Voici quelques pistes… et un petit cours d’Ecolomie…

1.       Le principe des pollueurs – payeurs


Un grand classique… On fait payer davantage ceux qui polluent en espérant les inciter à changer leur comportement…L’avantage de cette solution, c’est qu’elle peut être rapidement mise en place. Malheureusement, les entreprises ne peuvent pas changer tous leurs outils de production du jour au lendemain. Donc souvent elles se contentent de répercuter la hausse de leurs coûts sur leurs prix. Quant aux particuliers, ils achèteront peut être moins de 4*4, mais ils continueront à acheter des voitures. En outre, cette mesure pénalise souvent en premier lieu les personnes les plus pauvres… Elle influe de manière limitée les comportements, et n’apporte pas de réelle solution au problème. Mais elle aide tout de même à faire la chasse au gaspillage. Il n’y a qu’à voir aux Etats-Unis. Ce pays où les taxes sont relativement faibles est le plus grand pollueur de la planète.  


2.       Le développement de nouvelles technologies et des énergies renouvelable
 

Voilà apparemment une solution idéale. On remplace les technologies et les énergies polluantes par des alternatives qui ne le sont pas. Certes, cela peut coûter plus cher… Mais c’est plus productif que de simplement taxer les pollueurs… Malheureusement des alternatives n’existent pas toujours. Cette solution demande du temps et apparemment nous n’en avons pas suffisamment. Elle demande donc un effort réel de nos sociétés. Une volonté politique doit se dégager. L’initiative d’Angela Merkel en faveur des énergies renouvelable est un bon exemple de ce qu’on peut faire… Maintenant il reste à voir comment le discours se traduira dans les faits…
 

3.       Une prise de conscience collective : changeons nos habitudes !!!
 

Voilà sans doute le chapitre le plus difficile à aborder. Devons nous renoncer à nos vacances en Tunisie, à nos bananes de Côte d’Ivoire, nos kiwis de Nouvelle Zélande, ou notre café du Brésil.  Devons nous interdire aux Chinois ou aux Indiens d’acquérir une voiture ? Comme on le voit, changer nos habitudes pénaliserait sans doute avant tout les plus pauvres d’entre nous et les pays en voie de développement, qui bénéficient du tourisme, de notre société de consommation, de la mondialisation pour accélérer leur croissance, s’industrialiser et se développer.  On plongerait la planète dans une crise économique et sociale. Ce n’est pas en retournant au Moyen âge qu’on sauvera la planète.
 

Pour autant, cela ne signifie pas que l’on ne doit rien faire… Changer nos habitudes signifie avant tout, faire la chasse au gaspillage… Payer les sachets dans les supermarchés n’est pas suffisant. La vraie solution c’est d’inciter les gens à réutiliser leurs sachets… De même cela ne coûte pas grand-chose d’imprimer ses documents recto-verso avec son ordinateur. Au contraire, on économise non seulement du papier, mais aussi de l’argent… Il y a plein de petits gestes quotidiens que l’on pourrait faire pour aider un peu notre planète. Et cela ne mettrait ni en péril notre bien être, ni l’équilibre économique et social de la planète.
 

4.       Vivre autrement : le développement durable
 

Là paradoxalement, les meilleures idées nous viennent peut-être des Etats-Unis. Car si dans ce pays, l’Etat ne fait pas grand-chose, il existe tout de même des personnes comme Al Gore, ou des Etats comme la Californie, qui prennent des initiatives. En Californie, plutôt que de tenter de forcer les gens à prendre les transports en commun, ce qui est parfois impossible car le réseau n’est pas assez dense, on favorise le Car Sharing. Ainsi les autoroutes ont-elles une voie réservée pour les voitures ayant plus d’une personne à bord. C’est une espèce de couloir de bus.
Avec le développement des technologies de l’information, on peut également imaginer que de plus en plus de personnes travaillent chez elles. Ce serait aussi un moyen de répondre au manque de place de crèches en Allemagne par exemple. Cela donnerait un peu plus de flexibilité aux parents et resserrerait les liens familiaux.
Aux Etats-Unis toujours on redécouvre également l’agriculture locale. Ainsi est il possible pour des New-yorkais, par exemple, d’être « approvisionner » directement auprès d’une ferme de leur région. Les « membres » paient une cotisation mensuelle et sont livrés en fruits et légumes frais par «leur fermier » une ou deux fois par semaine. C’est une nouvelle forme de coopérative.
 

Ce qu’il est intéressant de relever à travers ces exemples, c’est qu’en respectant davantage notre environnement on recrée bien souvent de nouveaux liens sociaux. Cela signifierait il alors que vivre davantage en harmonie avec notre planète serait un moyen de vivre davantage en harmonie avec nous même ? Dans ce cas, sauver notre planète nous sauverait deux fois : cela préserverait notre espèce et redonnerait son sens plein au mot société. Car, aujourd’hui nous vivons dans un monde, qui, tout en se mondialisant, ne cesse paradoxalement de faire l’apologie de l’individualisme.

 

3 Responses to “Ecolomie”

  1. Laurence Says:

    En lisant ton article, Olivier, je me suis dit : mais est-ce vraiment possible de croire à ça??

    Sur les énergies renouvelables:
    il y a environ trente ans, j’habitais en Suisse, et déjà, à cette époque, il était clair pour la Confédération que les technologies concernant les énergies renouvelables existaient, mais que d’autres enjeux étaient plus importants et que pour cette raison, les choses restaient telles qu’elles étaient et que tout ce qui traînait dans les tiroirs y restait bien sagement… c’est plus facile de faire valoir ces enjeux économiques en vendant le bobard des technologies non existantes…

    Changeons nos habitudes:
    voilà effectivement qui demande beaucoup plus d’engagement sur le plan individuel, qui fait appel à la conscience de chacun. Mais avons-nous une conscience? Ce n’est certainement pas une question de retourner au Moyen Âge dont il s’agit là, au contraire! Avancer vers une époque plus humaine et plus avant investie dans le bien-être commun, au niveau de la planète, ce n’est pas en continuant à acheter des bananes de Del Monte qu’on y parviendra… Le problème n’est pas de renoncer à ce que l’on consomme, mais d’ouvrir les yeux sur ce que l’on consomme et sur la façon dont c’est produit. Et de comprendre que la planète n’est pas conçue comme des émaux cloisonnés et que ce que nous faisons ici, a des répercussions sur ce qui se passe à l’autre bout de la planète et que ces répercussions, comme un boomerang, nous retomberons, à plus ou moins longue échéance, sur le coin du nez!!

    Je cite:
    changer nos habitudes pénaliserait sans doute avant tout les plus pauvres d’entre nous et les pays en voie de développement, qui bénéficient du tourisme, de notre société de consommation, de la mondialisation pour accélérer leur croissance, s’industrialiser et se développer.
    Heureusement qu’au début de la phrase, il y a « sans doute »! Et la question est de savoir de quelle façon changer nos habitudes ??
    Quand on sait comment travaillent les paysans, les femmes, les enfants du Tiers-Monde, exploités sans vergogne par des grosses boîtes, pour produire des aliments, des vêtements, des jouets et autres, c’est faire preuve d’un cynisme éhonté que de dire qu’ils bénéficient de notre société de consommation pour se développer!! Ils sont réduits en esclavage, moderne soit, mais esclavage quand même! Les conditions de travail sont dignes des romans de Zola, la précarité également. Quant aux abus sociaux dont ils sont victimes, n’en parlons pas… Le fossé, là aussi, se creuse entre les plus riches et les plus pauvres, qui le deviennent de plus en plus, tandis que les autres continuent à s’enrichir en vendant la main d’œuvre de leur pays aux étrangers pour trois fois rien…

    Ce qui manque ici, sous nos latitudes, c’est tout simplement l’intérêt pour ce qui se passe ailleurs, et pas simplement sous notre nez. C’est le manque de solidarité évident et l’insouciance avec laquelle nous vivons, qui nous fait acheter, consommer, sans but et sans réflexion. Le sens critique, et même parfois le simple bon sens! - semble nous avoir été ravi par cette consommation forcenée qui nous paraît si naturelle, mais qui nous a été inoculée au fil du temps, sans que nous n’y prenions plus garde, et à laquelle nous n’imposons plus aucun barrage, par facilité, par paresse, parce que nous suivons les modes et nos petites envies, nos caprices ou des besoins factices, échafaudés de toutes pièces.

    Nous avons un grand pouvoir en tant que consommateurs : choisir ce que nous achetons, en regardant l’étiquette, la provenance, les composants, en comparant les prix et en reposant sur l’étagère ce qui nous semble douteux. Nous pouvons exiger du magasin dans lequel nous achetons régulièrement qu’il retire de son offre des biens de consommation pour les remplacer par d’autres, répondant à des critères éthiques. Grâce à ce choix délibéré, nous pourrions contribuer à changer la face du monde, si nous faisions preuve de plus d’empathie pour ceux qui sont au départ de certaines chaînes de production, que ce soit dans le domaine humain ou dans le domaine animal, d’ailleurs. Mais il me semble que c’est une lacune évidente, malgré nos racines chrétiennes, et qui contribue à renforcer le fossé Nord-Sud. Qui a envie de se colleter avec un gérant de supermarché pour lui demander d’acheter des bananes provenant du commerce équitable? Qui a envie de payer le prix que notre nourriture devrait coûter si elle était produite, ici ou ailleurs, de façon à assurer l’existence de ceux qui la produisent à la sueur de leur front, et la survie de la planète à longue échéance et pas seulement de manière éphémère? À court terme, voilà comment nous vivons. Pourtant, il y a encore des générations qui nous suivent et qui reprendrons ce que nous leur laissons, bon gré, mal gré, car elles n’auront pas le choix.

    Au lieu de regarder outre-atlantique, jetons un petit coup d’œil sur ce qui se passe ici : Car-Sharing existe à Munich et ailleurs depuis longtemps déjà, die grüne Kiste aussi (il serait intéressant de savoir si elle est née d’une impulsion américaine, ou a tout simplement germé dans un cerveau régional!!!), quant à Tagwerk, ils existent depuis 20 ans, les marchés hebdomadaires, les réseaux de troc, la monnais régionale…etc.
    Travailler à domicile par contre, n’est pas l’affaire de tout le monde et il faut faire preuve d’une discipline de fer pour se mettre à travailler quand un enfant en bas âge réclame de l’attention ou des soins…

    Voilà, Olivier, ce que m’inspire, en bref, ton article.

  2. Laurence Says:

    à propos changer nos habitudes : faire les emplettes est un acte politique!

    Do., 03.05., 17:30 Uhr
    „El Ejido – la loi du profit“
    Dumpinglöhne, pestizidverseuchtes Wasser, Viehställe als Unterkunft: Unter welchen
    Bedingungen wird Obst und Gemüse für die Discount-Märkte Europas produziert? Dank
    des warmen Klimas kann in den unzähligen Gewächshäusern der andalusischen Stadt El
    Ejido das ganze Jahr über geerntet werden. Aus dem ehemaligen Armenhaus Spaniens ist
    so in den vergangenen 30 Jahren eine der reichsten Regionen der iberischen Halbinsel
    geworden. Großen Anteil daran haben die illegalen Arbeiter aus Afrika, die dort unter
    skandalösen Bedingungen schuften. Ein Film von Jawad Rhalib (Belgien 2006, 80 Min.,
    OmeU) im Wettbewerbsprogramm des Internationalen Dokumentarfilmfestivals München.
    Ort: Arri-Kino, Türkenstr. 91, München
    http://www.dokfest-muenchen.de

  3. Olivier Says:

    Laurence,

    Merci pour ton commentaire extensif…. (je pense qu il doit etre plus long que l article). Je pourrai a mon tour recommenter ton article pendant des heures sans doute, car il est tres riche…. Mais il y a surtout un point qui a attire mon attention…. Celui sur les pays en voies de developement… Je suis d accord que les conditions de vie y sont souvent difficiles…. Je suis egalement d accord que l ecart entre les riches et les pauvres se creuse. (dans les pays dit riches egalement d ailleurs)… Mais meme dans les pays dit “riches”, notre societe ne s est pas batie du jour au lendemain…. Comme tu l as fait remarquer, au XIXe siecle, les conditions de vie etaient bien plus difficiles chez nous qu elles ne le sont aujourd hui… alors arretons de croire qu on pourra tout changer sans accepter certaines regles… et arretons de proner des revolutions utopiques et dangereuses pour la paix et la stabilite du monde… Arretons egalement de critiquer ce qui est fait et d accuser les autres… Le but de mon article n etait pas de pester contre toute l humanite et de me lamenter sur la misere du monde… c etait tout simplement de voir ce que chacun d entre nous peut faire ici et tout de suite pour preserver un peu plus notre planete….

     Encore une fois, merci pour ton commentaire….

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